Klaxons Strikes Back

Yo’, on vient dépoussiérer le blog de mon cher et fidèle El Capitan Baccardi.

Voilà BP bouche sa fuite, et Polydor va renfluer les caisses.

2010 fût une année riche en deuxième ou troisième album merdique (MGMT en tête). Il aura fallu trois longues années avant de voir le bout du nez du second album des Klaxons.

Album très attendu après la démo rejeté par la maison de disque, un peu comme la réforme des retraites de Sarko, rejeté mais on va l’avoir dans le cul au final. Alors cet album nous le met-il profond façon Cigare facturé à l’Elysée (vous avez dit Blanc comme neige?)

L’ Album commence très bien avec Echoes, la suite est plus brouillon avec The Same Space, Surfing The Void qui peinent à vraiment faire décoller notre Neko-naute (chat du chanteur/bassiste). Valley Of The Calm Trees et Venusia sont plus posés et bon public. Mais ça commence déjà à plus sentir très bon, et la déception commence à m’envahir. Certes le single Flashover répond à mes attentes mais au final c’est un album que j’ai trouvé « gentil »; on reste sur sa faim. Si vous n’êtes pas fan du genre dès le premier album passer votre chemin.

Note : 6/10

Psst :  Surfing The Void c’est ici

Karl-Heinz

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Le Single de la semaine 02: Groupement culturel Renault – Cadences (1973)

Encore cette fois ci on continu sur le volet social pour cette nouvelle chronique. Cette semaine le Milkyway Express fait un arrêt en France en 1973.  Voilà près de cinq courtes années que mai 1968 a, à tout jamais, changé le quotidien des Français. 9 millions de de personnes font grève durant près d’un mois, les étudiant et les lycéens sont dans la rue, aujourd’hui encore il difficile de mesurer l’impacte de mai 68 sur la société française.

L’un des moments marquant  fut sans doute la grève de l’usine de Rénault-Billancourt (92).  Construite en 1929 sur l’ile Seguin l’usine Renault fut à chaque grand mouvement syndicale le foyer central de la revendication ouvrière. Déjà  en 1936 les ouvrier de Billancourt après une grève d’une ampleur que la France avait rarement connue obtenait les premiers congés payés. Le 16 mai 1968 au soir les ouvriers votent la grève qui durera 33 jours. Durant cette période on occupe l’usine et on scande des idées révolutionnaires comme « l’Autogestion ». Malgré tout la CGT mène la grève et empêche l’extrême gauche d’infiltrer le mouvement. C’est à la mi-juin que le mouvement prend fin et de substantiels avantages seront offerts aux salariés. Mais bien que les chaines de production ont reprises leurs cadences, une partie des ouvriers trouve auprès de l’extrême gauche et de l’ultra gauche naissante une oreille attentive à leurs attentes.

Au début des années 70 il plane toujours un air de révolution sur la France, nous sommes dans les prolongements de mai 1968. Les mouvements sociaux se durcissent et les syndicats et les partis de la gauche traditionnelle sont totalement dépassés. Pompidou tant que la France le pouvait, achetait la paix sociale en accordant des augmentations salariales. Mais les manifestations deviennent de plus en plus violentes. En 1972 un ouvrier maoïste de Renault-Billancourt lié à la Gauche prolétarienne meurt lors d’une altercation avec un vigile de l’usine.

Le syndicalisme montre ses premières failles, incapable de dominer l’espace contestataire, il sombre. Un déclin qui ne fera que s’accélérer avec les deux chocs pétroliers. A l’image de l’industrie française, le paquebot Renault-Billancourt aussi prend l’eau et avec lui des décennies de luttes sociales. L’usine fermera ses portes en 1992.

C’est justement dans cette usine qu’un petit groupe de syndicalistes (pas trop occupés apparemment) produit ce 45 tours  que l’on pourrait qualifier de rock progressif à dominante gainsbourgeoise, je vous laisse écouter ! En tout cas ca fait oublier notre camarade gégé CGTiste depuis 25 ans toujours imbibé au vin chaud…

Ps: promis la prochaine fois ca sera une chronique de droite, le centrisme c’est une affaire d’équilibriste !

Pour écouter

Album de la semaine 01: Sixto Rodriguez – Cold Fact (1970) et Détroit

Bon après un léger contre temps, je reprends en main ce blog et présente ce qui aurait du être le deuxième  « Album coup de cœur de la semaine »: Cold Fact de Sixto Rodriguez.

Après avoir  exploré les plages de sable fin de Rio en 1967, Le MilkyWay Express nous transporte cette fois à Détroit; ville que nous dépeint Sixto Rodriguez. Essayons tout d’abord de mieux comprendre les changements majeurs qu’a connu cette ville.

1900-1940: L’Amérique roule en Détroit

Fondée au XVIIIe siècle par un Français Antoine de Lamothe-Cadillac, Détroit que l’on nomme également Motor town (Mo’town) est depuis le début du XXe siècle la grande ville industrielle du Michigan et le berceau de l’automobile américain: Ford, Cadillac, Pontiac, Durant, Chrysler etc… Industrieuse, fière et aussi jalouse de sa voisine Chicago la ville se dote des premiers buildings de style baroque, et rayonne dans le nord étasunien.  Entre 1910 et 1930 la ville passe de 460 000 à 1 600 000 habitants, les usines trop grandes pour rester dans le centre ville et déménagent en petite couronne. Jusque dans les années 1940 des blancs et des noirs viennent du sud des États unis chercher du travail. Jusqu’ici tout allait bien, le secteur automobile était florissant et le début de la 2nd guerre mondiale avait remis l’industrie américaine en route après la longue crise économique des années 30.

A partir de 1940: Détroit: Un moteur à explosion (pas terrible je sais…)

La généreuse Motown accueillait blancs comme noirs dans ses usines, mais cette politique du « color Blind » passait très mal auprès des ouvriers blancs sudistes qui bientôt organisèrent une nouvelle ségrégation sur leur lieu de travail et plus tard à l’échelle de la ville. On voyait dès lors s’opérer une ségrégation géographique, la croissance très rapide de la ville avait sinistré le centre ville qui se transforma en ghetto noir surpeuplé, les blancs quand à eux plus favorisé socialement s’installèrent dans des quartiers neufs de la petite périphérie. Pendant ce temps ce qui n’était que des tensions raciales dans les années 30 se transforment en affrontements violents. Ainsi, on voyait des bandes blanches (souvent liées au Black Legion ou au Ku Klux Klan) organiser des ratonnades dans les quartiers noirs et des bandes noirs ripostant tout aussi violemment. Ces tensions racial ne furent qu’exacerbées par le comportement de la police de Détroit pratiquant une politique injuste et brutale envers les afro américains.

De même, lorsque que le gouvernement américain en 1941 décréta la construction d’usines devant soutenir l’effort de guerre, un premier avis donner par une commission de la ville de Détroit fut de construire une usine sur un quartier blanc et l’autre dans un quartier noir, mais dans un second temps le gouvernement fédéral décida en fin de compte de construire les deux sur des quartiers blancs. Pourtant ouvriers blanc et noir devront cohabiter et après de long mois de tensions, en 1943 une très violente émeute raciale
mettra le feu à la ville.


Cette même année  John Lee Hooker chante The Motor City Is Burning.

Après la 2nd guerre mondiale, sous Eisenhower, le pays connait un Boom économique et l’on construit des autoroutes sur l’ensemble du territoire, la voiture est reine. Alors que l’on pourrait penser que Détroit connaitrait un nouveau développement, c’est tout le contraire qui se passa. Depuis la fin des années 40 Motown se vide de ses habitants. La raison de tout cela est que les usines d’armement gouvernementales ferment après la guerre et que les constructeurs automobiles mécanisent leurs fabriques.

Constat: La demande de main d’œuvre non qualifiée s’écroule et les noirs de Détroit s’enfoncent dans la pauvreté. Au même moment, grâce aux nouvelles autoroutes, ouvriers qualifiés et cadres de la ville fuient encore plus loin le centre pour un environnement plus vert en grande banlieue. L’écart entre noir et blanc n’a jamais été aussi grand qu’à cette époque, la ville est sur le point d’exploser une nouvelle fois.

1965, émeute de Watts (Los Angeles), 1966, Chicago et Cleveland connaissent elles aussi des émeutes,  1967 Newark, puis Détroit. Encore une fois la police mène une répression ciblée et brutale contre les populations noirs, qui cette fois ci se révoltent et font plonger la ville dans le chaos. Résultat: des dizaines de morts et pas loin de 1000 personnes blessées.


Et notre ami Sixto dans tout ca…

C’est dans cette ville bien particulière que Sixto rodriguez sortira son album Cold Fact en 1970.  Né en 1942, dans une famille d’origine mexicaine arrivée à Détroit dans les années 20, il grandit dans le centre ville de détroit où il est témoins des tumultes de cette cité. Aussi, depuis 1967 il entame une tournée dans les bars de la ville où il chante à la manière d’un Woody Guthrie, d’un Seeger ou d’un Ochs, la vie quotidienne du prolétariat américain,  la ségrégation, le blues du centres ville à l’américaine, son insécurité, sa précarité, sa morosité. Sixto nous montre tous les travers de cette Amérique qui souffre au même moment où une autre jouie des 30 glorieuses.

Bon comme ca je l’avoue ca n’a pas l’air très plaisant mais il a un joli coup de gratte bien psyché et l’ensemble est vraiment très facile d’accès ! Malheureusement pour lui l’album ne marche pas il entreprend alors des études de philosophie et part enregistrer à Londres un second album Coming from reality, là encore gros flop ! Il décide alors de mettre en application toutes ses belles idées en politique, mais là aussi il devra écourter sa carrière… Sixto reprend alors son dure labeur sur les chantiers de démolition et consacre le reste de son temps à sa famille. Jusqu’au jour où en Australie vers la fin des années 70, on redécouvre sa chanson Sugar Man. Après deux tournées il retourne dans l’anonymat. Dans les années 80 et 90 sans qu’il le sache ses chansons font un tabac en Afrique du Sud et au Zimbabwe, c’est à la toute fin des années 90 qu’il apprend cela sur internet puis  part pour l’Afrique du sud entamé une tournée.

Il est amusant de constater que des Sud africains subissant l’apartheid aient pus se reconnaitre dans les paroles de Sixto. Si on peut le voir à l’occasion de la coupe du monde de football, le quotidien des sud africains noirs tend à s’améliorer, il faut admettre que celui des habitants de détroits ne suis pas le même chemin.

Détroit aujourd'hui

Johannesburg aujourd'hui

Retour sur Détroit

Depuis la crise du secteur automobile dans les années 70  jusqu’à la montée en puissance de Toyota au dépend des « Big 3 » (Ford Chrysler et  GM) fin 2008, Motown ne peut plus cacher ses démons, aujourd’hui ses imposantes tours de verres du centre ville sont démolies, laissant place à des « urban prairies », ces tours qui jadis masquaient la misère des ghettos dévoile à présent tout le drame de la société américaine actuelle.

Selon le magazine Forbes Détroit qui était en 1950 une des ville les plus riche des USA est aujourd’hui l’une des plus pauvres et est la « capitale de la criminalité ». Motor city qui dépassait les 1800 000 habitants en 1950 ne se contente plus que de ses 900 000 habitants aujourd’hui. 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté et le taux de chômage culmine à 20%. C’est également l’une des villes les moins métissées puisque 85% de la population est afro américaine.

En 1964 Sam Cooke chantait « A change is Gonna Come » mais les différente mesures prisent par les gouvernements successifs et l’élection récente de Barack Obama n’ont finalement que peu fait changer les conditions d’existence des habitants de Détroit.

Michigan central station (Détroit) Années 1920

Michigan central station aujourd'hui

Pour écouter Sixto
Pour acheter

1. « Sugar Man » 3:45
2. « Only Good For Conversation » 2:25
3. « Crucify Your Mind » 2:30
4. « This Is Not a Song, It’s an Outburst: Or, The Establishment Blues » 2:05
5. « Hate Street Dialogue » 2:30
6. « Forget It » 1:50
7. « Inner City Blues » 3:23
8. « I Wonder » 2:30
9. « Like Janis » 2:32
10. « Gommorah (A Nursery Rhyme) » 2:20
11. « Rich Folks Hoax » 3:05
12. « Jane S. Piddy »

Quelques extraits:


L’album de la semaine 0: Antonio Carlos Jobim – Wave

Bienvenue à tous ! Étant un novice dans la blogosphère, j’ai dû chercher conseil auprès des vieux sages, des gens du « milieu » comme on dit, une de ces personnes très bien informés sur la question m’a dit l’autre jour « bonne idée mais, surtout, surtout: met de la musique avec des liens partout ! » (j’espère que cette personne aujourd’hui déchu de son blog se reconnaitra !) Bon… je n’avais pas vraiment d’idée sur le contenu du blog, mais ca devenait un peu plus clair il me fallait de la musique ! C’est donc pour l’inauguration du blog que je décrète publier un article chaque semaine où je présenterai un album coup de cœur.

Vous allez me dire: « ouais, on a le samedi le plus pourri depuis l’automne dernier et le gars nous pond un article sur un album de bossa nova, pas malin le bonhomme ! » et vous n’auriez pas vraiment tort… Quoi qu’il en soit cet album est une pure merveille et qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige rien ne m’empêchera de partager ce petit bijoux avec vous chers lecteurs.

Le Brésil est le pays de la bossa nova c’est à dire « une nouvelle manière »: une nouvelle manière de concevoir la musique dans les années 50 quand ses précurseurs (joao Gilberto, Stan Getz) créaient ce nouveau courant musical, mélange de samba et de jazz, c’était une réponse au cool jazz de Miles Davis, un symbole de l’émancipation de l’Amérique latine face à son voisin nord Américain. La bossa Nova n’est pas comme certains le pense une « musique d’ascenseur », c’est pour moi la manière dont le Brésil exprima son modernisme dans les années 50′, du temps où le président Kubitschek promettait « 50 ans de progrès en 5 ans », où Brasilia « ville du futur » naissait.

Nous sommes en juin 1967, alors que le Sgt Pepper’s commence sa conquête du monde, les jeunes,  eux, célèbrent le Summer of love dans le monde entier et De Gaule trouve le temps long dans sa citadelle 55 Rue du Faubourg Saint-Honoré. Au Brésil une dictature militaire (made in CIA) s’installe dans l’avant-gardiste capitale Brasilia et c’est dans ce climat tendu que nait Wave. Antonio Carlos Jobim,  son créateur l’a voulut comme un hymne à la « coolitude », c’est une œuvre marquée par un romantisme désuet,  menacé par la vague des sixities. Ce disque c’est la décadence, mélancolie des jours passés face à 1967 année du changement, aucun retour en arrière possible: le monde se prépare à la turbulente 1968. Wave nous fait vivre ces derniers instants de calme avant que la planète ne s’enflamme, 30 minutes de répit c’est ce que nous offre Jobim.

Maintenant imaginez, vous êtes sur un bateau dans la baie de Rio, un ciel bleu comme on en voit peu sous nos latitudes,  en face de vous Copacabana, tournez un peu la tète et là vous voyez le Corcovado perché sur son pain de sucre, une vrai carte postal, sur le bar un mojito bien glacé vous attends, vous prenez place sur votre transat et pendant les 30 minutes que dure l’album vous allez planez !

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Ecouter l’album entièrement avant de se décider

1. « Wave » – 2:58
2. « The Red Blouse » – 5:06
3. « Look to the Sky » – 2:20
4. « Batidinha » – 3:15
5. « Triste » – 2:04
6. « Mojave » – 2:23
7. « Dialogo » – 2:52
8. « Lamento » – 2:44
9. « Antigua » – 3:10
10. « Captain Bacardi » – 4:30

Quelques extraits: